Revue de presse

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  • 21/03/2022
    “Ma première confrontation avec la réalité de la prison a été un électrochoc”
    Les maisons d’arrêt enferment des détenus qui sont soit en détention provisoire, soit qui purgent des peines courtes. Comme ils sont censés y rester pour peu de temps, on ne se donne pas la peine de leur proposer des formations, des activités ou de les placer dans des cellules dignes. Les détenus peuvent se retrouver à trois, quatre ou cinq dans des cellules de cinq mètres carrés. Il faut bien distinguer la détention provisoire de la détention pour les personnes condamnées. On enferme dans des conditions absolument indignes des personnes dont la culpabilité n’a pas été prouvée. Il n’y a rien qui va. On pourrait mettre des moyens dans des bracelets électroniques pour garder ces personnes à la disposition de la justice. Eventuellement, on pourrait aussi surveiller leurs déplacements. — Le Monde
  • 18/03/2022
    Aumônier en prison : sacerdoce ou profession ?
    En détention, la religion peut apporter autre chose, une respiration, en complément du suivi psychologique ou des services pénitentiaires d’insertion et de probation. Elle peut même ouvrir la voie à un changement de vie radical. C’est ce qui s’est passé pour Yannis Gautier. Incarcéré plusieurs fois par le passé, il est désormais pasteur et au service des détenus : “J’ai réalisé en lisant la Bible que je pouvais être une autre personne. (…) Croiser un aumônier, avoir ces temps d’écoute, c’est essentiel. Il avait une présence apaisante pour moi.” Libéré provisoirement, il se réinsère dans la société et est condamné trois ans plus tard à une peine de sursis. Il devient ensuite pasteur, puis arrive un élément déclencheur qui le ramènera vers les prisons : “Mon frère se fait assassiner. En portant son cercueil, je réalise que la différence entre lui et moi se résume à un choix. J’ai choisi de me tourner vers Dieu, lui a décidé de continuer à dériver. Des gars comme moi, comme mon frère, il y en a partout en prison. Je n’avais pas l’esprit revanchard mais je me suis senti investi d’une mission : celle d’aller partager mon témoignage”. Selon lui, les aumôniers manquent de reconnaissance : “Tellement de gens de réinsèrent et ne récidivent pas grâce aux aumôniers! Mais les aumôniers sont démunis.” — France Culture
  • 07/03/2022
    Les visiteurs de prison élargissent leur horizon
    Des visiteurs de prison hors les murs, cela peut sembler antinomique. Pourtant, parmi le millier de bénévoles de l’Association nationale des visiteurs de prison (ANVP) agréés par l’administration pénitentiaire pour entrer dans les prisons, certains interviennent désormais auprès de personnes non incarcérées. Ces “visiteurs accompagnants” se proposent de rencontrer pour les suivre des personnes sous main de justice en milieu ouvert, dans le cadre d’un sursis probatoire, d’un aménagement de peine ou d’un suivi socio-judiciaire. “Le parcours vers la réinsertion ne peut pas se faire seul, sans que la société civile prenne sa part dans l’accompagnement”, explique Yves-Marie Brient, le président de l’ANVP, visiteur de prison depuis quinze ans à Clermont-Ferrand et visiteur accompagnant depuis dix-huit mois. — Le Monde
  • 19/02/2022
    Surreprésentation des étrangers en prison : “Il n’y a pas de statistiques qui sont tenues en la matière”, affirme Éric Dupond-Moretti
    À quelques semaines de l’élection présidentielle, les questions de sécurité et de délinquance font débat. Parmi les chiffres fréquemment avancés, ceux concernant la population carcérale. Selon les candidats de droite, 22 à 25% des détenus en France seraient étrangers. Le ministère de la Justice recense trimestriellement la population carcérale pour établir des statistiques à ce sujet. Ainsi, dans les statistiques trimestrielles d’octobre 2021, le ministère comptait 17.198 détenus étrangers, soit 24,5% de l’ensemble des détenus. Le recensement va même plus loin en détaillant que, parmi eux, 9793 détenus sont d’origine africaine, 5109 d’origine européenne et 1308 issus du continent américain. — Le Figaro
  • 18/01/2022.
    Prison et pauvreté, un “cercle vicieux”
    “C’est la précarité qui remplit les prisons. Moi j’en ai croisé beaucoup en promenade. Ce sont des voleurs, des sans-papiers, des mules, ces gens qui transportent de la drogue parce qu’ils n’ont pas d’argent”, témoigne l’une des personnes interrogées. Une observation confirmée par le rapport, qui dresse le constat d’une surreprésentation des personnes précaires en détention. De fait, 15 % des répondants à l’enquête déclarent avoir été dépourvus de ressources financières avant leur entrée en prison, tandis que près d’un quart déclarait avoir pour ressource principale une prestation sociale. Et pour cause : “Seule la moitié des hommes et femmes de l’échantillon étaient en situation d’emploi avant leur incarcération, tandis que les deux tiers de la population française le sont”, souligne le rapport. Et quand 75 % des Français en emploi bénéficient d’un contrat à durée indéterminée (CDI), seuls 45 % des détenus qui travaillaient avant leur entrée en détention relevaient de ce statut. Les associations observent également que les personnes occupaient fréquemment des emplois “peu valorisés socialement”, relevant une surreprésentation des ouvriers (39 % contre 20 % en population générale). Conséquemment, les personnes vivent généralement dans des conditions plus précaires que le reste de la population : 28 % des individus étaient hébergés chez des proches, 4 % en foyer et 8 % se trouvaient sans hébergement. — OIP-SF
  • 20/01/2022.
    Covid-19 : “Face à une situation sanitaire critique, il y a urgence à réduire la population carcérale”
    Selon les derniers chiffres rendus publics, 1 074 personnes détenues étaient positives au Covid-19 au 7 janvier 2022, et 1 029 membres du personnel de l’administration pénitentiaire au 4 janvier. Dans les établissements touchés, l’isolement des personnes infectées est presque impossible. Des étages voire des bâtiments entiers sont parfois confinés et des personnes positives cohabitent avec d’autres non testées. A la prison de Beauvais (Oise), un bâtiment de 200 personnes, dont 25 positives au virus, a ainsi été mis en quarantaine. Outre la particulière vulnérabilité des prisons à l’épidémie et la mise en danger des personnes qui y sont détenues et de celles qui y travaillent, l’arrêt des parloirs pour les personnes contaminées ou cas contacts, le rétablissement des plaques de Plexiglas de séparation pour les autres, et la suspension de la majorité des activités collectives privent les personnes détenues de leurs droits les plus essentiels et renforcent les tensions entre les murs. Cette situation sanitaire critique doit beaucoup au surpeuplement des prisons. Les principaux foyers de contamination touchent des établissements particulièrement surpeuplés, comme la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis), à la densité carcérale de 166 %, ou les quartiers maison d’arrêt de Perpignan (Pyrénées-Orientales), qui atteignent plus de 200 %. Dans une cellule de 9 mètres carrés occupée par trois personnes, l’application des gestes barrières et la distanciation sociale semblent bien vaines. — Le Monde
  • 22/12/2021 Covid-19 et prison : la double peine
    Avec 250 millions de personnes atteintes dans le monde et plus de 5 millions de décès, la pandémie de Covid-19 s’est aussi accompagnée d’une dégradation de l’état de santé mentale d’une grande partie de la population. À la peur de la maladie s’est ajouté pour beaucoup un sentiment de contrainte, d’enfermement, voire d’oppression que l’on peut imaginer exacerbé chez ceux qui vivent déjà, au quotidien, la privation de liberté.
    Soit les quelque 11 millions de détenus actuellement incarcérés à travers le monde, dont 70 650 en France. On peut le comprendre : le risque d’être infecté par le SARS-CoV-2 se trouve objectivement plus élevé au sein de cette population. (…) Fin janvier 2021, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté alertait sur une augmentation de 165 % des cas positifs sur l’ensemble des 88 établissements pénitentiaires, appelant les autorités à prioriser la vaccination de la population carcérale. — Cerveau & Psycho
  • 20/12/2021 Pourquoi les détenus travaillent moins qu’avant en prison
    Derrière les murs, près d’un détenu sur trois travaille. Soit en participant aux tâches quotidiennes de la prison ou pour l’une des 400 entreprises qui a choisi de déléguer une partie de sa production aux travailleurs du milieu carcéral. Les conditions d’emploi de ces ouvriers derrière les barreaux tendent à s’améliorer. Le travail en prison est un premier pas vers un retour à la liberté. Il est de moins en moins important. C’est tout l’enjeu : remettre la moitié de la population carcérale au travail, dans les cinq ans. — Ouest France
  • 27/11/2021. Le nombre de détenus en augmentation dans les prisons françaises
    Le nombre de détenus continue d’augmenter dans les prisons françaises. Ils étaient 69 812 le 1er novembre, contre 68 472 le 1er septembre, soit une hausse de 1 340 prisonniers en deux mois, selon les données statistiques du ministère de la Justice. Il y a un an, ils étaient 62 276. Soit une croissance de 12,1 % en un an. La surpopulation carcérale est chronique : le nombre de places opérationnelles est de 60 494. La densité carcérale dans les 188 établissements pénitentiaires s’établit désormais à 115,4 %, en hausse par rapport au mois de septembre 2021 (114,6 %). Il y a un an, elle était de 102,7 %. Le nombre de femmes et de mineurs écroués, qui représentent respectivement environ 3,5 % et 1 % de la population carcérale totale, est stable. — Ouest France
  • 19/10/2021. Des États généraux confrontés à une crise du sens de la peine
    Manque de magistrats et de greffiers, lenteur des tribunaux, justice de classe, justice opaque, voire partiale… L’institution judiciaire française accumule tous les griefs. Si bien qu’à six mois de la fin de son mandat, l’exécutif lance des États généraux de la justice à Poitiers : soit une grande consultation de cinq mois avec tous les acteurs de la chaîne pénale – des policiers aux magistrats – dans le but d’améliorer l’institution judiciaire. Sur le fond, certains fustigent une justice laxiste, alors que d’autres critiquent une augmentation historique du budget de la Justice qui ne servirait qu’à construire des places de prisons sans traiter les maux à la racine. C’est la fonction même de l’appareil judiciaire qui est au cœur des débats, tiraillé entre la volonté de punir et la nécessité de réhabiliter les victimes mais aussi les condamnés… Dans les faits, la justice française est de plus en plus sévère. La proportion de personnes écrouées (en prison ou sous bracelet électronique) est de 124 pour 100 000 habitants aujourd’hui, contre 57 en 1982. Plus encore, la durée moyenne de détention s’est allongée de 25 % en quinze ans pour atteindre un peu plus de dix mois. Au sein de l’Union européenne, la France est le seul pays dont la population carcérale augmente pour atteindre près de 70 000 détenus (après une baisse franche mais brève pendant la pandémie suite à l’ordonnance du 25 mars 2020). D’où vient l’inflation carcérale ? Pour la sociologue Corinne Rostaing, elle correspond à une surenchère sécuritaire initiée dans les années 1990 : augmentations des plafonds d’emprisonnement en 1994, politique policière du chiffre souhaitée par Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur (2002-2004, puis 2005-2007), les peines planchers (août 2007) ou encore la rétention de sûreté (février 2008), etc. — Philosophie Magazine
  • 22/09/2021. Prisons en France : “Rien n’est réuni pour que les gens en sortent meilleurs. Ils en sortiront pires.”
    Interview avec Dominique Simonnot : “La surpopulation en milieu carcéral est quelque chose de pérenne, auquel on ne remédie pas. Ce n’est pas un incident de parcours, c’est un état de fait. En France, nous nous sommes tous progressivement habitués à quelque chose d’inacceptable. Nous enfermons les gens dans des conditions innommables. La surpopulation, ce n’est pas juste être enfermé en cellule 22/24h. C’est aussi les rats, les cafards, les punaises de lit et les violences. Dans les maisons d’arrêts, il y a chaque mois 1.000 entrées supplémentaires. Tout est en hausse. En tout 69 000 individus sont incarcérés. Nous rattrapons gaillardement le chiffre de 72 000 de janvier 2020”. — Tv5Monde
  • 20/09/2021. La mission scientifique des juristes sur les prisons ouvertes Des juristes spécialistes des sciences criminelles sont engagés dans cette mission scientifique particulière dans la mesure où elle leur a été confiée par l’administration pénitentiaire française. La thématique : les prisons ouvertes. Le cœur de la recherche : le centre de détention de Casabianda à partir duquel s’est articulé le travail de terrain. Réunis cette semaine à Corte pour un séminaire de travail, les chercheurs se sont rendus une fois encore à l’établissement pénitentiaire de la commune d’Aleria pour affiner tout ce qu’ils ont pu y recueillir. En premier lieu, le fruit d’innombrables entretiens. Les juristes ont également bénéficié du concours des historiens, d’un éclairage sur d’autres époques où Casabianda accueillait d’autres profils de détenus, notamment la réouverture de 1948 durant laquelle le centre de détention était destiné, dans l’après-guerre, à ceux qui avaient été condamnés pour fait de collaboration. “Au stade où nous en sommes, nous pouvons vraiment nous consacrer à l’analyse des données, affirme le professeur Giudicelli. Mais il est encore un peu tôt pour en parler.” — Corse Matin
  • 02/09/2021. Justice restaurative : à Bordeaux, panser les peines
    Le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip) de la Gironde met en place un dispositif de parrainage à destination de personnes condamnées par la justice. Bordeaux est la troisième ville française à développer ce dispositif de justice restaurative, inscrit dans une perspective de réinsertion sociale et de prévention de la récidive. Adélaïde Moncomble, conseillère pénitentiaire d’insertion et de probation, explique : “La reconstruction sociale est nécessaire pour des personnes placées sous main de justice. Souvent isolées, elles sont confrontées à des difficultés de la vie courante…”. — Rue89Bordeaux
  • 01/08/2021Dieu en prison : comment la foi se vit derrière les barreaux
    Invitée de choix en prison, la religion joue un rôle important pour de nombreux détenus. Elle leur permet de s’extraire un temps de leur isolement, les conduit à s’interroger sur leurs actes. Si elle peut favoriser une forme de paix sociale en lieu clos, des phénomènes de radicalisation y surgissent aussi. Enquête au cœur de plusieurs maisons d’arrêt. — Le Monde
  • 22/07/2021. Le Parlement adopte une loi sur la “prévention des actes terroristes”, qui renforce la surveillance des ex-détenus
    Contrôle renforcé des sortants de prison, recours accru aux algorithmes : le Parlement a adopté, jeudi 22 juillet, un projet de loi renforçant les mesures « antiterroristes » et le renseignement. Ce vote précède celui du projet de loi contre le « séparatisme » islamiste, qui comprend de multiples dispositions sécuritaires. Le projet de loi sur la « prévention des actes de terrorisme et le renseignement » adopté jeudi fait entrer dans le droit commun des dispositions emblématiques mais expérimentales de la loi sur la « sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme » de 2017. Il s’agit notamment des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance, susceptibles d’être allongées à deux ans cumulés pour certains détenus condamnés pour terrorisme ayant purgé leur peine. Il s’agit d’éviter des “sorties sèches” de détention pour des personnes “présentant encore des profils extrêmement préoccupants”, a souligné le rapporteur Raphaël Gauvain (La République en marche). Le volet renseignement entend tirer les conséquences des évolutions technologiques et juridiques des cinq dernières années. Il pérennise la technique dite de l’algorithme : un traitement automatisé des données de connexion et de navigation sur Internet, grâce la coopération des fournisseurs d’accès, afin de repérer les profils à risque. — Le Monde
  • 27/07/2021.
    La croissance du nombre de détenus dans les prisons françaises inquiète
    La population carcérale a augmenté de 15,7 % en un an, et le développement rapide de la peine de détention à domicile sous surveillance électronique n’y change rien. Au premier juillet, les prisons françaises comptaient 67 971 personnes détenues, selon les données publiées, lundi 26 juillet, par le ministère de la justice. C’est 9 248 personnes de plus qu’il y a un an (+ 15,7 %), au moment où Eric Dupond-Moretti prenait ses fonctions de ministre. Au cours des deux derniers mois, le solde des personnes incarcérées a bondi de 2 587, un rythme jamais vu depuis la seconde guerre mondiale. Conséquence, dans un parc pénitentiaire au bord de l’asphyxie le nombre de détenus dormant sur un matelas au sol a été multiplié par 2,6 en un an, à 1 131. Dix-huit mois après la condamnation historique de la France par la Cour européenne des droits de l’homme, notamment en raison du caractère structurel de la surpopulation carcérale, la situation devient critique. 20 % des détenus sont dans des prisons occupées à plus de 150 % de leurs capacités. — Le Monde
  • 06/07/2021.
    Prison et détenus transgenres : “Il faut reconnaître que ce sujet existe”
    Dans un rapport publié ce mardi, la contrôleuse générale des prisons, Dominique Simonnot, alerte sur les conditions de détention des personnes transgenres. Il est temps, selon elle, de se remettre en question. Onze ans après un premier avis sur la question, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Dominique Simonnot, demande une meilleure prise en charge des personnes transgenres emprisonnées. Fouilles, quartiers d’affectation, difficultés d’accès au soin, discriminations : “Actuellement, les personnes transgenres privées de liberté subissent de nombreuses atteintes à leurs droits fondamentaux dont le cumul est susceptible de constituer un traitement cruel, inhumain ou dégradant au sens de la Convention européenne des droits de l’homme”, met en garde Dominique Simonnot dans un nouvel avis publié au Journal officiel ce mardi. Le rapport, transmis aux ministres de la Justice, de la Santé et de l’Intérieur, formule plusieurs recommandations visant “à garantir le plein respect de la dignité et des droits des personnes transgenres privées de liberté, notamment leurs droits à l’autodétermination, à la libre disposition de leur corps, à l’accès aux soins, à l’intimité et à la vie privée.” L’objectif étant la préservation de leur intégrité physique et psychique “appréhendée sous l’angle des violences interpersonnelles mais également sous celui, souvent négligé, des risques d’autoagression”, indique la CGLPL. — Libération
  • 06/06/2021.
    Emmanuel Macron annonce le lancement d’Etats généraux de la justice
    Le chef de l’Etat souligne dans un communiqué son “profond attachement” à “la séparation des pouvoirs”, alors que l’institution judiciaire est vivement critiquée par des élus politiques et des syndicats policiers. Le président de la République souhaite notamment que “le garde des Sceaux rende compte chaque année au Parlement de la politique pénale du gouvernement”, précise l’Elysée. Après des semaines d’attaques très virulentes de la justice tant par certains responsables politiques que par les syndicats de policiers, c’est un tableau inquiétant que deux hauts magistrats ont brossé, entre une certaine désespérance collective, des moyens informatiques obsolètes, ou les effets d’une surpénalisation de la justice au détriment de ses fonctions civiles. Organisés à la rentrée, ces États généraux devraient se tenir sur plusieurs semaines, et dans plusieurs lieux dans les territoires, précise l’entourage du ministre de la Justice. Y participeront l’ensemble des acteurs de la maison justice – magistrats, greffiers, protection judiciaire de la jeunesse, administration pénitentiaire – mais également les avocats et les notaires. Les citoyens et les forces de sécurité y seront associés. L’objectif serait de mettre tout le monde d’accord sur un même constat avant la fin de l’automne.
  • 02/06/2021.
    Terroristes sortant de prison, l’exécutif veut introduire un suivi judiciaire Le Conseil constitutionnel avait censuré la disposition l’an dernier, elle revient cette année dans une version modifiée. Le projet de loi antiterroriste examiné à l’Assemblée nationale depuis mardi 1er juin crée une “mesure judiciaire de réinsertion sociale”. L’objectif est de continuer de suivre les terroristes qui ont déjà purgé leur peine de prison mais qui sont toujours considérés comme dangereux. Ce dispositif figure également dans une proposition de loi adoptée par le Sénat le 26 mai. — La Croix
  • 12/05/2021.
    Le droit au respect de la dignité en prison : la loi est publiée
    Plusieurs décisions de justice récentes ont pointé l’incapacité de la France à garantir en toutes circonstances des conditions de détention dignes en établissement pénitentiaire et l’absence de recours offert au détenu pour en tirer les conséquences qui s’imposent. La loi n° 2021-403 du 8 avril 2021 tendant à garantir le droit au respect de la dignité en détention a été publiée au Journal Officiel du 9 avril. — Editions législatives
  • 29/05/2021.
    Policière agressée près de Nantes : “En prison, il n’y a pas une gestion sanitaire du trouble psychiatrique
    Vendredi, une policière municipale a été agressée et blessée par un homme radicalisé à La Chapelle-sur-Erdre, près de Nantes. L’individu est décédé de ses blessures consécutives à un échange de coups de feu avec les gendarmes. Le ministère de l’Intérieur a lui expliqué que l’individu « était reconnu diagnostiqué comme schizophrène sévère » et était sous traitement médical. Un point qui soulève la question de l’incarcération des personnes avec des troubles psychiatriques : un quart des détenus en France présentent des troubles psychiatriques. Tous les établissements pénitentiaires sont dotés d’une unité sanitaire dépendante de l’hôpital de secteur et doivent avoir un psychologue et un psychiatre. Seulement, c’est un effectif très faible au vu de la population carcérale, et tous les postes budgétés ne sont en plus pas pourvus. Certaines prisons ne peuvent assurer aucun suivi psychologique de leur détenu, quand les autres sont clairement en sous-effectif. L’un des problèmes de la prison est que les troubles psys sont gérés de manière disciplinaire, et vont entraîner des sanctions. Il n’y a pas une gestion sanitaire du trouble psychiatrique. — 20 minutes
  • 20/05/2021.
    La situation critique de l’enseignement en prison
    Depuis la crise sanitaire, l’enseignement en détention est bouleversé. Jauges réduites, cours à distance ou annulés… À l’approche des examens, la situation semble critique. Surtout qu’en détention, les besoins sont criants. 90% des détenus ont un niveau inférieur au bac selon le bilan 2018-2019 de l’enseignement en milieu pénitentiaire. Plus de 53% n’ont aucun diplôme et 11% sont en situation d’illettrisme – contre 7% dans la population générale. Certains professeurs souhaitent alerter sur la situation dont “tout le monde se fout”. Depuis trois semaines, les cours en présentiel ont enfin pu reprendre, mais uniquement pour les publics dits prioritaires. C’est-à-dire les mineurs, les personnes ne sachant ni lire ni écrire, et ceux qui préparent un examen. Marc, incarcéré dans un centre de détention en Nouvelle-Aquitaine, fait partie des non-prioritaires : “J’étais inscrit à des cours d’anglais. J’ai participé au premier cours en septembre, puis ça a été annulé. Depuis, ça n’a jamais repris”. À quelques mois voire semaines des examens, l’inquiétude est présente chez tous les professeurs. Patrice a choisi de ne pas y inscrire ses élèves : “On n’est pas là pour réitérer des échecs.”. — StreetPress
  • 19/05/2021.
    Réinsertion : une formation au codage informatique dans la prison de Melun
    Dans la prison de Melun, en Seine-et-Marne, une formation proposée aux détenus leur permet de se former au codage informatique, pour ensuite être embauchés par une agence web. ll faut une formation de six mois pour apprendre les subtilités du codage, avant d’être embauché en prison par une agence web pour concevoir et réaliser des sites internet. L’objectif est de proposer une formation qualifiante dans les métiers du numérique. — France info
  • 03/05/2021.
    Le droit de vote dans les prisons renforcé avant les régionales et la présidentielle
    C’était une promesse d’Emmanuel Macron. Deux lois et deux décrets auront été nécessaires pour créer un dispositif ad hoc de vote par correspondance. En juin, pour les élections régionales, et en 2022, pour l’élection présidentielle, les détenus qui ne sont pas spécifiquement privés de leurs droits civiques auront la liberté d’exercer ou pas leur droit de vote, comme tout citoyen. Emmanuel Macron avait expliqué en quoi cela lui paraissait important. : “C’est une mesure indispensable pour en faire des citoyens à part entière et (…) permettre leur réinsertion dans la société véritable.” Un détenu est “un citoyen dont la liberté est réduite, mais ça n’est pas moins”, avait-il insisté. — Le Monde
  • 14/04/2021.
    Dans les Landes, une “prison-ferme” pour alléger la peine
    Dans les Landes, une ferme agroécologique fait travailler des femmes détenues en fin de peine. Ouverte à l’automne 2020, la ferme Emmaüs Baudonne est la première structure à l’échelle européenne à proposer ce placement à l’extérieur pour les femmes emprisonnées. Des fermes de placement extérieur existent déjà, mais elles étaient réservées aux hommes, qui constituent l’immense majorité des personnes derrière les barreaux. Gabi Mouesca, le directeur et fondateur de la ferme Emmaüs Baudonne […] “porte ce projet qui montre qu’on peut sanctionner autrement que par la prison avec des peines qui n’humilient pas, ne détruisent pas. Ici les gens se remettent debout et en marche. Elles ne sont pas dans une cellule mortifère de 9 m²”. — Reporterre
  • 02/04/2021.
    On a de plus en plus de personnes qui n’ont jamais travaillé“: le travail en prison, facteur de réinsertion
    Trois ans après l’engagement d’Emmanuel Macron de “mettre l’activité au cœur de la peine”, quelques avancées ont été réalisées. Mais seuls 28,5 % des détenus y ont accès. Ils étaient 49,7 % en 2000. Emmanuel Macron avait promis en mars 2018 d’inverser la tendance lors d’un important discours sur la dignité en détention prononcé devant les élèves de l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire. — Le Monde
  • 02/04/2021.
    Eric Dupond-Moretti veut créer des droits sociaux du détenu travailleur
    Dans le projet de loi “pour la confiance dans l’institution judiciaire” que le ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti, devrait présenter mi-avril au conseil des ministres, un volet important est consacré au statut du travailleur détenu. Un “contrat d’emploi pénitentiaire” est ainsi inscrit dans le projet de loi, signé par la personne détenue, le chef d’établissement et l’entreprise privée concessionnaire qui l’emploie. — Le Monde
  • 23/03/2021.
    “Les collègues m’ont dit que c’était bien” : à la prison d’Oermingen, Emmaüs remet au travail les détenus en difficulté
    Dans cet établissement du Bas-Rhin, 70 % des détenus travaillent, dont certains dans un chantier d’insertion tenu par l’association caritative. — Le Monde
  • 16/03/2021.
    Besançon : à la sortie de prison, le chemin chaotique de la libération à la liberté
    Un jour vous sortez de prison et vous vous retrouvez dans la rue avec le champ de tous les possibles devant vous mais avec un grand vide dans le cœur et dans l’âme, une déshumanisation réelle”. Jean-Michel, ex-détenu témoigne dans le documentaire “Au nom de la loi, je vous libère…”. — France 3
  • 09/03/2021.
    Le Sénat instaure un recours contre les conditions de détention indignes
    Un an après la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’homme, les détenus pourront saisir le juge pour faire constater leurs conditions d’incarcération. L’efficacité du texte voté ne fait pas l’unanimité. — Le Monde
  • Malgré l’accord du juge, bon nombre de détenus ne peuvent assister aux enterrements, Streepress, par Clara Monnoyeur, le 9 mars 2021
  • 03/03/2021.
    Prisons : des annonces en décalage total avec l’urgence
    Le ministre de la Justice a annoncé hier préparer une réforme qu’il présentera mi-avril. Côté prisons, les seules mesures connues concernent pour l’instant les crédits de réduction de peine, qu’il entend supprimer. Et le programme de construction immobilière, qu’il poursuivra. Des annonces en total décalage avec la situation critique des prisons, et qui pourraient même au contraire l’aggraver. — OIP
  • 03/03/2021.
    Eric Dupond-Moretti veut bousculer l’exécution des peines de prison
    Le ministre de la justice veut supprimer les réductions automatiques de peines utilisées par l’administration pénitentiaire pour gérer la discipline en détention. — Le Monde
  • 01/03/2021.
    Conditions de détention indignes : le gouvernement fait fi de l’exigence du Conseil constitutionnel
    Constatant l’absence de voie de recours permettant de mettre fin à des conditions de détention indignes, le Conseil constitutionnel avait, le 2 octobre dernier, donné jusqu’au 1er mars pour que la loi soit modifiée. Mais la réforme exigée n’a pas eu lieu. Plus généralement, aucune mesure n’a été prise pour faire cesser les conditions inhumaines de détention qui prévalent dans les prisons françaises. — OIP
  • 26/02/2021.
    Comment mange-t-on dans les prisons françaises et américaines ?
    Fournir aux détenus des repas adaptés à leurs exigences confessionnelles ou éthiques fait régulièrement débat. Pourtant, rien ne change. — Slate
  • 05/02/2021.
    “On n’a pas fait assez” : le sénateur Jean-Pierre Sueur rappelle l’urgence d’une loi pour la dignité en prison
    Condamnée par le conseil constitutionnel, la France doit se doter d’ici un mois d’un dispositif permettant aux personnes placées en détention provisoire de faire respecter leur droit à une incarcération digne. Mais rien n’avance, a rappelé au gouvernement le sénateur du Loiret. — France 3 région
  • 03/02/2021.
    Kamel Daoudi, le plus ancien assigné à résidence de France, est sorti de prison
    Condamné pour terrorisme, cet ancien islamiste de 46 ans est assigné à résidence depuis presque treize ans en France. Il avait été condamné en octobre à un an de prison ferme pour ne pas avoir respecté les conditions de son assignation. — Le Monde
  • 14/01/2021.
    L’instauration par la loi d’une voie de recours destinée à faire cesser des conditions de détention indignes
    Le gouvernement devra mettre en place, d’ici au 1er mars prochain, une voie de recours pour la personne détenue qui se plaint de ses conditions de détention susceptibles de constituer un traitement inhumain ou dégradant. Cette réforme très attendue du côté de l’administration pénitentiaire, s’insère dans un ensemble plus large qui vise à faire disparaître la surpopulation carcérale des prisons françaises et y améliorer la qualité des conditions de détention. — Le club des juristes
  • 05/02/2021.
    Covid-19 : plus d’un quart des détenus de plus de 75 ans ont été vaccinés, selon Éric Dupond-Moretti
    Seulement “123 cas” de Covid-19 ont été confirmés positifs dans les prisons, soit “0,2% de la population” carcérale, indique le ministre de la Justice. — Franceinfo
  • 03/02/2021.
    Quand la prison redouble la barrière de la langue
    Pour les non-francophones arrivant en prison, la barrière de la langue amplifie l’isolement et les tensions. Compréhension des règles de la vie carcérale, connaissance de leurs droits, capacité à exprimer des besoins, accès aux activités… Face aux carences de l’administration et à des situations parfois dramatiques, les professionnels et les personnes détenues se débrouillent comme ils peuvent. — OIP section française
  • 21/02/2021.
    Entretien. Il faut “alléger les prisons face à la crise sanitaire”
    Dominique Simonnot, contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), s’inquiète de la surpopulation carcérale et de la propagation du coronavirus en prison. — Ouest France
  • 23/02/2021.
    “Un an que je n’ai pas embrassé mes enfants” : les détenus dénoncent les parloirs sous plexiglas
    Si la justice a donné raison à cinq détenus de Haute-Garonne qui dénonçaient les cloisons en plexiglas installées dans les parloirs comme mesure barrière face à la Covid-19, ces cloisons hermétiques restent d’actualité dans d’autres centres pénitentiaires. France Inter a recueilli le témoignage d’un détenu concerné. — France Inter
  • 16/02/2021.
    Prison : le scandale des détenus privés des funérailles de leurs proches par manque de moyens
    En principe, une personne détenue a le droit de demander à sortir quelques heures pour assister à l’enterrement d’un proche. Mais faute de personnel ces permissions, pourtant accordées par un juge, demeurent bien souvent lettre morte. Explications. — Actu Juridique